mot maquis
rubriques (menu)

la mâchoire

mardi 8 mars 2011 par Juliette Mézenc

Une masse – lourde – forcément, pensez-vous… une masse – obtuse et pleine donc mais cependant spongieuse, « mâchoire » le dit assez, inutile d’en rajouter, ni même de faire un dessin, ou alors tout petit, dans un coin, dans une marge, en pensant à autre chose – une masse donc qui rumine – elle rumine la langue – la mâchoire ne desserre pas l’étreinte parce la mâchoire n’est pas du genre à s’écouter, elle est forte, elle roule des mécaniques, joue des biscotos, elle est carrée, point, c’est comme ça, inutile de discuter – la mâchoire ne laisse rien passer, elle n’est pas facile avec elle-même pas plus qu’avec les autres, encore moins avec la langue qui est, dans les contes, la princesse emprisonnée au plus haut de la plus haute tour - quand même à force de se désoler, d’insister, un jour, un beau jour, la langue passe la rampe à défaut de sortir, la langue se déploie en tapis rouge sauf que dans les contes elle prend la forme d’une chevelure rousse – la langue peut être chargée, mauvais effet – la langue donc ou la chevelure rousse, c’est pareil, et comme c’est pareil autant dire la langue, autant appeler un chat un chat, la langue donc, la langue, vous en avez plein la bouche, hein, vous aussi, la langue se déploie pour accueillir l’étranger, qui preste y grimpe et alors la délivre, la langue, ça pourrait en tout cas